Contre la soumission de l’université aux intérêts privés !
La FSE s’est engagée totalement dans la lutte contre la LRU. Après avoir négocié la loi pendant l’été avec Sarkozy, l’UNEF tout fait pour que cette réforme passe sans encombre. C’était sans compter avec les syndicalistes de lutte, qui se sont unis pour lancer la mobilisation. Pendant le mouvement, la FSE s’est battue pour l’auto-organisation des étudiants, pour les piquets de grève, pour la tenue de coordinations nationales, et contre la récupération du mouvement par les bureaucrates.
Avec l’aide des présidents d’université et des directions syndicales collaboratrices, le gouvernement a gagné la 1ère manche : la grève de l’automne 2007 n’a pas permis d’obtenir l’abrogation de la LRU. La soumission de l’université aux intérêts patronaux a franchi un nouveau cap. Une répression sans précédent s’est abattue sur les étudiants. Le président de l’université a fait intervenir plusieurs fois les CRS contre les étudiants grévistes.
Soutenez le syndicalisme de lutte ! Eliminez les larbins de la présidence !
On vous invite donc à élire les représentants étudiants aux conseils centraux de l’université, qui ne sont que des organes de cogestion chargés d’appliquer les réformes du gouvernement. La FSE ne cautionnera jamais ce simulacre de démocratie. Alors que les autres listes jouent gentiment le jeu de la « démocratie universitaire » à coups de belles promesses démagogiques pour draguer le client, nous nous refusons à semer la moindre illusion : la véritable démocratie étudiante s’exprime dans les AG, et c’est seulement par la lutte, par la grève, que les étudiants ont pu obtenir leurs acquis et empêcher des régressions : par exemple, la grande grève de 1986 a empêché la mise en place de la sélection à l’entrée de l’université, et la grève de 2006 a permis le retrait du CPE. Si nous présentons une liste au CEVU, et une liste en commun avec SUD au CA et au CS, c’est pour que la voix de la résistance étudiante se fasse entendre en toute indépendance. En votant pour nous, vous nous permettrez de conserver notre local, et d’obtenir des moyens financiers qui serviront à vous informer et qui seront mis au service de la lutte. Vous manifesterez votre opposition à la politique de capitalisation des universités, et localement à la politique répressive du président qui cogère l’université avec les directions du Snesup et de l’UNEF.
Face aux nouvelles attaques du gouvernement, préparons la riposte !
Aujourd’hui, fort de sa victoire de l’automne, le gouvernement multiplie les attaques :
- Plan licence : il vide complètement le contenu de la licence en remplaçant les enseignements fondamentaux par un saupoudrage pluridisciplinaire et des modules professionnalisant. On aura ainsi d’un côté des filières professionnalisantes pour la masse des étudiants, et d’un autre côté des filières sélectives, avec un fort contenu disciplinaire, pour une minorité d’étudiants qui pourront poursuivre ensuite en master.
- Opération Campus : Les 5 milliards issus de la privatisation d’EDF vont être utilisés pour financer la rénovation de 10 campus parmi les universités qui sauront le mieux se vendre, laissant de côté les 75 autres.
- Diminution drastique des postes aux concours de l’enseignement : dans la ligne du rapport Pochard, le gouvernement veut à terme supprimer le CAPES et l’Agrégation, et développer la précarité.
Alors que Sarkozy est affaibli, alors que les conflits sociaux se multiplient, la FSE mettra toutes ses forces pour mettre en échec Sarkozy. C’est par la grève, tous ensemble et au même moment, que nous pourrons gagner sur nos revendications. En face de nous, bien que minoritaires, ils sont organisés, ils ont leurs institutions, et ils ne craignent qu’une chose : notre organisation. C’est pourquoi il faut renforcer le syndicalisme de lutte.